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Riad Azama un parfum d’exotisme |
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Le riad Azama a su recréer, sous l’impulsion de son propriétaire Daniel Person, chineur infatigable et esthète éclairé, une demeure aux accents exotiques dans laquelle s’épanouissent plantes exubérantes et oiseaux paradisiaques. Un voyage au bout des sens avec une cuisine authentique.
La médina d’Azemmour étire sa nonchalante blancheur en cette belle matinée de fin d’été. A travers le dédale de ses ruelles, nous atteignons le riad Azama, qui se love au fond d’une impasse. Un fronton sculpté de motifs en coquille, avec deux petites fenêtres surplombe la porte d’entrée. Celle-ci, peinte en bleu et cloutée possède deux heurtoirs. Le premier, symbole de la prospérité, est placé au niveau des piétons, le second, fixé dans la grande porte cochère, était utilisé par les cavaliers qui pouvaient entrer dans le riad avec leur monture. Daniel Person, propriétaire du riad nous reçoit. Dans le vestibule en chicane, se trouve une alcôve. Daniel Person, qui avoue être passionné par l’histoire de la ville d’Azemmour et de cette demeure, nous explique : « Ce riad appartenait à un caïd et probablement, il recevait les gens, assis dans cette alcôve du vestibule, qu’une porte sépare du patio et le dissimule aux regards indiscrets ». Cette entrée est meublée d’objets chinés : coffre en bois, tapis berbère. Des tableaux d’inspiration orientaliste et un grand samovar en métal blanc complète cette décoration.
LE PATIO,
un véritable jardin exotique
La découverte du patio du riad Azama est une agréable surprise. Le propriétaire des lieux, Daniel Person a fait de cet endroit, un véritable jardin exotique, digne d’un patio sud américain avec ses plantes exubérantes et ses couleurs vives. Le rouge des carreaux de ciment du sol répond au vert brillant des feuilles de bananiers, de jasmins, de gardénias et autres plantes. Autour de la fontaine, dans un bassin en zellijes verts, des poissons rouges tournoient inlassablement. Cette ambiance tropicale est accentuée par le piaillement des perruches aux couleurs vives qui volètent librement parmi les arbustes du patio. Des tables en zellijes et des chaises en fer forgé constituent l’essentiel des meubles du patio. L’ancienne cuisine a été transformée en petit salon de lecture. Une cheminée en profondeur, s’orne d’objets anciens, telle cette gsaâ dont la cuisinière se sert pour rouler le couscous, précise Daniel Person. Une collection de gravures du 19 ème siècle « les oiseaux de John Gould » confirme l’attrait de Daniel Person pour ces jolis volatiles. Une table ronde en fer forgé avec un plateau en cuivre apporte une touche ethnique à l’ensemble. Des livres et des revues sur le Maroc sont mis en exergue dans la petite bibliothèque murale.
LES CHAMBRES,
des alcôve intimes
Donnant sur le patio, la suite El Ayachi, drapée dans ses tissus rouges est rutilante de tous ces tons chauds. Daniel Person, amoureux de sa cité et qui ne cesse de se documenter sur son histoire, précise : « Elle porte le nom d’un sultan qui a tenu tête, a harcelé et combattu l’occupant portugais au 16 ème siècle ». Une frise de guebs beldi court à mi-hauteur des murs qui sont passés à la chaux teintée dans la masse d’une belle couleur rouge. Une alcôve surmontée d’un feston de guebs ciselé abrite le lit, alors qu’une banquette en tissu précieux fait office de salon face à la télé. La chine, autre passion du propriétaire, lui a permis de dénicher les meubles anciens, les tableaux d’inspiration orientaliste et une tête de chameau sculptée, signée Liliane Cousin. La salle de bains attenante est traitée dans le même style précieux : lavabo en cuivre, murs et parois de douche en tadelakt. Au premier étage, la chambre Cibola (en référence à Estevanico – voir encadré) est toute illuminée par le jaune et le doré de ses murs et de ses tissus. Elle respire l’harmonie avec ses petits meubles chinés : coffre, secrétaire... Des aquarelles signées J. Hermé, ancien directeur de banque au Maroc ornent les murs. Un paravent syrien incrusté de nacre sépare la chambre de la salle de bains en tadelakt.
LA DOUIRIA,
hommage à l’artisanat
Le patio de la douiria** est surmonté d’une verrière qui illumine l’espace. Un « bhou », petite alcôve, dont le plafond est recouvert d’un coffrage en bois zouaqé, qui exhibe malgré les outrages du temps , un travail de toute beauté. La grande pièce qui sert de salon/salle à manger possède un plafond zouaqé de couleurs vives, une pure merveille, arborant au centre un dessin en tastir (lignes droites) et sur les deux côtés, un décor en tawriq (floral) qui s’inscrit dans une forme ovale. Bien que la douiria, soit l’espace privé de Daniel Person, la salle à manger et le bhou sont mis à la disposition des résidents qui peuvent y prendre leur repas.
LA TERRASSE,
une pergola fleurie
Un vent léger chargé d’effluves marines souffle sur la terrasse. Un salon est aménagé sous un mamouni (treillage) blanc. Les plantes grimpantes partent à la conquête du toit de cette pergola. Pour plus de confort, les banquettes maçonnées reçoivent des matelas beiges et des coussins aux tons rouges. C’est l’endroit idéal pour apprécier un bon petit déjeuner ou un copieux déjeuner à moins que ce soit pour déguster un dîner romantique aux chandelles sous l’éclat des étoiles de la nuit zemmourie. En face du salon, les chaises longues du solarium invitent à un instant de farniente et une petite bronzette en toute quiétude. Une autre terrasse, haut perchée, permet d’avoir une vue panoramique sur l’océan, le fleuve Oum Errabia et les champs environnants. * Azemmour est sans doute établi sur l’antique cité d’Azama, cité qui fut occupée, tour à tour, par les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains. ** Petite maison attenante à la maison principale, la douiria possède une entrée séparée et une porte qui communique avec la coursive au premier étage. Elle servait pour loger, avec discrétion, les invités de marque, elle pouvait permettre également au fils aîné pour recevoir ses amis, en toute intimité. Autrefois, elle était parfois réservée à la deuxième épouse ou à la favorite du maître des lieux.
ENTRETIEN AVEC DANIEL PERSON
« J’ai voulu restaurer ce riad et le décorer en respectant le style et l’esprit de la ville d’Azemmour.»
Racontez-nous votre rencontre avec le Maroc.
Je suis breton, originaire de Roscoff dans le Finistère. En 1971, je m’occupais, à l’école hôtelière à Thonon-les-Bains (Haute Savoie), de la section Etrangers qui comprenait vingt-quatre nationalités. Un élève marocain, dont le père est propriétaire de l’hôtel Mamora à Kénitra m’a invité et c’est comme ça que je suis venu au Maroc. Et depuis, je suis revenu plusieurs fois dans le royaume (deux fois par an en moyenne). J’aime particulièrement le sud et je suis parti à la découverte de ces régions (Ouarzazate etc …). J’ai fait un grand circuit jusqu’à Layoune et Sidi Ifni.
Parlez-nous de l’histoire de ce riad…
En 2002, j’ai décidé d’ouvrir une maison d’hôtes à El Jadida. Comme je voulais une maison avec jardin, j’ai opté pour ce riad à Azemmour. Il a fallu vider les lieux occupés par des squatteurs. Puis procéder au réaménagement, car il n’y avait ni assainissement, ni eau ni électricité. Les travaux ont duré un an et demi. J’ai fait appel aux maâlams du centre d’artisanat* d’Azemmour pour le travail du guebs, la pose des sols en carreaux de ciment et en bejmats (pour les salles de bain).
Et de la déco de la maison…
J’aime beaucoup chiner que se soit au Maroc ou en France. D’ailleurs la tête de chameau qui se trouve dans la suite Al Ayachi, je l’ai trouvée en France. J’ai voulu restaurer ce riad et le décorer en respectant le style et l’esprit de la ville d’Azemmour. Cette maison était la maison d’un caïd et j’ai voulu y restituer l’art de vivre et le raffinement de cette cité.
Et maintenant, passons à la cuisine…
Nous servons principalement de la cuisine marocaine. Nezha, notre cuisinière, excelle dans la préparation des tajines de viande aux légumes frais ou aux fruits secs ou de poisson (une spécialité d’Azemmour). Le couscous aux sept légumes avec la fameuse courge des Doukalla, servi avec une tfaïa (oignons confits et raisins secs) reste un fleuron de la cuisine traditionnelle. Quant aux desserts, notre cordon bleu utilise les fruits frais pour des salades (fruits rouges en verrines), des tartes aux pommes, à l’orange, au citron. Parfois, je mets la main à la pâte pour confectionner des gâteaux d’inspiration bretonne. *Le centre d’artisanat d’Azemmour abrite des artisans qui exécutent plusieurs arts décoratifs (zellijes, tadelakt etc…) et des travaux manuels de tissage et d’aiguille (tapis, broderie…)
Amina Boudraâ
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Recette au pif |
KHOUBZA OU LABZA
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