Meftah
Ben Rabbah, la toque du traiteur LP, a le sourire des optimistes. Celui
des hommes et des femmes qui transforment leur train-train en évènement
exceptionnel malgré les soucis de la vie. Le professionnel heureux et
comblé nous fait don de sa gaieté en injectant dans ses oeuvres
exquises les notes de sa mélodie du bonheur.
Aucun obstacle n’est insurmontable. Surtout lorsque la passion et
l’envie vous animent… Meftah Ben Rabbah, le chef charismatique du
traiteur LP, est habité, depuis son plus jeune âge, par la passion du
bon goût, du produit frais, du stylisme culinaire ! Mais avant
d’exprimer ses aspirations au grand jour, il a dû s’armer de patience.
Meftah Ben Rabbah mène une enfance douce et paisible à Mahdia, la cité
riche d’histoire située sur une presqu’île au sud est de la capitale
tunisienne. Une cité au bord des eaux transparentes et poissonneuses de
la Méditerranée. «De par ma ville d’origine, j’ai été très tôt en
contact avec les produits de la mer mais cela n’a pas influencé mon
parcours. Mes premières réminiscences culinaires sont très précises :
chez nous, comme dans de nombreux foyers maghrébins, la maman régnait
en maître sur la cuisine», se rappelle-t-i. Un statut omnipotent qui
n’empêche pas le jeune curieux d’aiguiser son regard en observant les
mains agiles de sa tendre mère. «J’ai tout enregistré : sa manière de
préparer la M’rouzia, la kamoumia, (NDLR : spécialité tunisienne à base
de cumin) l’housbane, la technique de pliage des briques à l’oeuf, très
répandues dans notre gastronomie», racontet- il. Mais Meftah Ben Rabbah
ne met pas encore la main à la pâte. Il laisse, involontairement ou
naturellement, la place à ses trois soeurs tandis qu’il enchaîne
dribbles et feintes de corps sur la plage en compagnie de ses frères et
copains. «J’essayais de m’incruster en cuisine. J’aidais souvent ma
mère pour éplucher les légumes ou préparer les salades mais je
n’évoquais pas encore mon désir de cuisiner», regrette-t-il. Grand
cachottier Durant son adolescence, Meftah Ben Rabbah passe, à plusieurs
reprises, ses vacances estivales à Nice, sur la Côte d’Azur . Il
profite de ces voyages pour flâner dans la vieille ville. Au détour de
ruelles pavées, la découverte de petits bijoux gastronomiques s’offre à
lui. Le jeune homme rencontre des professionnels du métier : il écoute,
parle, échange, sans jamais divulguer son souhait profond. Comme si de
rien n’était, il s’enrichit des discussions auprès de chefs, célèbres
ou anonymes. Entre ses escapades provençales, la vie reprend son cours
en Tunisie. Les études secondaires terminées, un choix d’orientation
s’impose : et là Meftah Ben Rabah ne surprend personne, il opte pour un
cursus très classique de dessinateur spécialisé. Il cache tellement
bien son jeu… «J’ai fait plaisir à mes parents, sagement en jeune homme
bien élevé et docile. Mais à cette époque là, j’étais conscient de la
voie que je désirais suivre. Je savais déjà que je ne me servirai
jamais de cette formation mais qu’importe», explique-t-il. Sa passion,
intacte, est parfaitement dissimulée. Tout bascule Le diplôme obtenu,
la maison familiale quittée, Meftah Ben Rabbah s’envole vers le nord et
rejoint Nice, son ancien lieu de détente. Il reprend très vite contact
avec les connaissances de ses vacances et décroche son premier boulot
dans la restauration. C’est au «Marrakech», établissement spécialisé
dans la cuisine marocaine près du Port de Nice, qu’il fait ses armes
aux côtés de Jean-Pierre Lantini. «J’ai démarré plongeur, et petit à
petit j’ai gravi les échelons. Ma détermination et surtout ma curiosité
ont été mes principales alliées. Il m’arrivait même de m’entraîner chez
moi. Je crois d’ailleurs me souvenir encore du premier plat que j’ai
fait : je me suis concocté une escalope à la crème et une jardinière de
légumes dans les règles de l’art.» De Nice à Casa Tunisien et
travaillant dans un restaurant marocain, Meftah Ben Rabbah avoue
volontiers son penchant pour la cuisine européenne, «je la trouve très
raffinée, particulièrement les gastronomies italienne et française».
Mais c’est au contact de la gastronomie marocaine qu’il se construit :
pastillas, tajines, salades, briouates, couscous, m’hanchas, toutes nos
spécialités succombent à ces dons culinaires durant trois ans. Et puis
son patron, auquel il s’est entre temps associé, lui propose de venir
monter une affaire au Maroc. Décidément ce pays fera partie de sa vie.
C’est une certitude ! En 1988, le «Prétexte» ouvre ses portes dans la
ville blanche. A la tête de la brigade Meftah Ben Rabbah. L’enseigne
gastronomique, située face à l’Atlantique, est experte dans tous les
produits de la mer. «Cette étape a constitué pour moi un véritable
challenge. Tous les jours, il fallait me remettre en question, chercher
de nouvelles idées, fournir un travail parfait», explique-t-il. La
qualité et l’originalité de la cuisine sont les ingrédients d’un succès
incontesté et fulgurant. Le «Prétexte» devient la table de référence de
la métropole casablancaise où se pressent les personnalités des médias,
de la politique, de la culture et tous les amateurs de gastronomie
innovante et délicieuse. «Nous avons apporté quelque chose de nouveau.
Et nous nous renouvelions sans cesse. La carte changeait très souvent.
Grâce à de nombreux stages à l’étranger, je m’enrichissais et
découvrais de nouvelles choses que je pouvais faire partager à tous nos
clients !», se souvient le chef, un brin nostalgique. Le duo de choc ne
compte pas s’arrêter là. «Nous avons bien étudié le marché et nous nous
sommes rendus compte qu’il existait un réel manque de traiteurs ! Et
c’est ainsi que LP a vu le jour en décembre 1995», explique Meftah Ben
Rabbah. Depuis sa création et grâce à sa rigueur, l’enseigne est
devenue incontournable. Meftah Ben Rabbah apporte son expertise en
matière de création culinaire, de respect des normes d’hygiène et de
gestion de la clientèle. Aujourd’hui, plus besoin de dissimuler ses
volontés, elles sont exprimées aux yeux de tous, pour le plus grand
bonheur des amateurs de bon goût !
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