Saveurs et Cuisine du Maroc - Le premier magazine culinaire marocain - Khalil Benhamida et le canard engraissé
Accueil | Abonnement | Recettes | Nous contacter
  
   
Advertisement
 
 
Accueil arrow Articles en ligne arrow Passionnément arrow Khalil Benhamida et le canard engraissé
Menu principal
Accueil
Sommaires
Articles en ligne
Recettes
Points de vente
Téléchargements
Nous contacter
Abonnement
Newsletter

Recevez la newsletter du Magazine, en tapant votre adresse e-mail.

Nom :
Email :



Recherche
Recette au pif


CARDONS FARCIS À LA KEFTA
pointsvt.png
questio.png

 
Khalil Benhamida et le canard engraissé Version imprimable
Khalil-Benhamida.jpgKhalil Benhamida, fasciné par les produits du canard gavé, a mis toute son énergie pour concrétiser son projet. Suivez son parcours, parsemé d’embûches, mais plein de courage et d’espoir et la réalisation d’un rêve, produire du foie gras

«Après l’obtention de mon bac en 1977, je suis parti à Toulouse pour faire des études d’agronomie. A ce moment-là, je n’avais aucune intention de faire du foie gras, je voulais me spécialiser en produits maraîchers et en horticulture». Et pour cause, Khalil Benhamida est issu d’une famille de propriétaires terriens, qui pratique la culture de tomates sous serres. C’est dans la ville de Toulouse, que le jeune Khalil est initié par un de ses professeurs aux produits du terroir. «C’est avec lui, avoue-t-il, que j’ai commencé à apprendre ce qu’était le foie gras». Dès lors, le jeune étudiant sera fasciné par les produits du canard gavé. Une fois son diplôme d’Ingénieur Agronome en poche, il revient au Maroc. De 1984 à 1989, il travaille dans une société de produits phytosanitaires, tout en caressant le rêve de monter une structure pour faire du foie gras. Et en 1989, l’opportunité se présente sous la forme d’un crédit jeunes promoteurs, accordé sur la base de la faisabilité d’un projet. «Deux associés se sont joints à moi dans cette entreprise, nous informe Khalil Benhamida, l’apport d’un terrain familial, en bord de route près de Casablanca, la détermination et la personnalité des trois promoteurs du projet ont pesé dans la balance, puisque nous avons obtenu les crédits nécessaires, soit un million et demi de Dirhams avec des taux des plus bas, 9 % pour le prêt bancaire et 7 % pour la part étatique.» Après une étude de marché, les trois promoteurs se sont attelés à la tâche pour la concrétisation de leur projet. La Maison du Foie Gras a vu le jour en mai 1989. Puis, les processus de fabrication ont été entamés. Les protagonistes ont fait appel à un expert français qui assurera la formation des employés chargés de l’élevage et du gavage des canards et de leur transformation en produits finis. Car, il fallait maîtriser cette étape délicate, dont dépend la qualité des foies gras, confits et autres délices. Quand l’entreprise commence sa production en septembre 89, les dirigeants affichent un optimisme de bon aloi, mais ils ne vont pas tarder à déchanter. «Quand nous nous sommes présentés sur le marché avec nos produits, reconnaît le gérant, les choses ne se sont pas passées comme nous l’avions prévu. Nous ciblions les restaurants et les grands hôtels et nous avions espéré réaliser des ventes satisfaisantes mais nos clients n’ont pas suivi. Alors, nous nous sommes rendus à l’évidence suivante. D’une part, au Maroc, la viande de canard est méconnue. D’autre part, le foie gras reste un produit relativement cher». Malgré toutes les démarches entreprises, l’approche des clients n’a pas été facile. Les quantités écoulées étaient faibles par rapport aux efforts fournis, au coût de l’investissement et aux charges de l’entreprise. D’autant plus que les promoteurs comptaient uniquement sur le bouche-à-oreille pour faire connaître leur activité parce qu’ils n’avaient pas les moyens de faire une campagne médiatisée. La première opportunité pour faire décoller les ventes s’est présentée au salon MarocHotel, où ils avaient exposé leurs produits.

«Nous avons recommencé à espérer, reconnaît le gérant, puis en février1990, alors que nous étions encore au début de notre lancement, c’est l’invasion du Koweit par l’Irak et les hôtels et les restaurants sont désertés. C’est un blocage total. Nous avons baissé les quantités importées et nous avons dû renégocier les remboursements des prêts auprès de la banque. Nous ne pouvions restreindre notre effectif parce que l’entreprise ne tournait qu’avec 5 à 6 personnes». Fin 90, de nouveau l’espoir. Le marché du catering leur offre une bouffée d’oxygène, puisque La Maison du Foie Gras réalise avec ce client régulier, 50 % de son chiffre d’affaires. Depuis, la courbe des ventes accusait de la croissance et le chiffre d’affaires a commencé à augmenter. Mais en 1993, l’incident de l’Atlas Asni va encore replonger les dirigeants de La Maison du Foie Gras dans l’incertitude et le désarroi, puisque l’entreprise ne travaillait qu’avec le marché national. «Cependant, nous avons continué d’avancer et d’espérer, nous dit Khalil Benhamida... Nous avions entrepris une campagne d’information pour faire connaître nos produits, les faire apprécier, démontrer que le gras du canard gavé (ses graisses sont insaturées) est moins nocif que celui du mouton. Il fallait absolument communiquer sur ce mets délicat et plein de saveurs. Comment le préparer, le consommer, le cuisiner ? enfin tout le B.a-ba (le mode culinaire, les proportions à consommer, les propositions de présentation). » Le foie gras est souvent perçu comme un produit festif réservé aux repas de fins d’année. Il est vrai que La Maison du Foie Gras réalise une augmentation de 20 % de son chiffre d’affaires pendant cette période ; cependant Khalil Benhamida affirme : «Le foie gras peut être consommé toute l’année. Toutes les occasions sont bonnes pour le déguster : un dîner intime, une réception, un cocktail, un dîner assis de plusieurs personnes. » Aujourd’hui, le baromètre des ventes est au beau fixe. La Maison du Foie Gras a réussi à faire connaître ses produits grâce à plusieurs opérations : un peu de pub, des journées portes ouvertes, avec dégustations sur place et le porte-à-porte auprès des clients. «Nous nous adaptons aux demandes, reconnaît le gérant ; avec de la créativité, on peut réaliser beaucoup de choses à partir du foie gras notamment de délicieuses terrines.» A ce propos, Khalil Benhamida nous rapporte que lors de sa visite au Maroc, il a été proposé à Jacques Chirac une terrine de foie gras à la tête de veau. Était-elle bonne ? Sûrement ! Au début de l’année, La Maison du Foie Gras a opéré une restructuration avec l’appui de sa banque, pour le réaménagement de son entreprise : nouvelle conception des locaux, machinisme et matériel adéquats pour optimiser les processus de production. La démarche pour obtenir la certification HACCP a été entamée et l’entreprise affiche une bonne santé et un carnet de commandes bien rempli. Le dynamisme déclenché par l’entreprise a fini par payer. Dorénavant, elle se tourne vers l’export. Depuis près de deux ans, grâce aux accords préférentiels avec certains pays arabes, et après une étude de marché et des contacts, elle commence à exporter vers les Emirats Arabes. «Nous espérons voir s’ouvrir pour nous ; nous confie Khalil Benhamida, de nouveaux marchés au Koweit, au Qatar, en Tunisie, en Egypte et en Arabie Saoudite.» En Févier 2007, La Maison du Foie Gras était présente au Salon Gulf Good qui s’est tenu à Dubaï. «Des dégustations à l’aveugle y ont été organisées, rapporte le promoteur, nos produits ont fait l’unanimité. Notre foie gras a été fort apprécié... Évidemment, ça fait plaisir, reconnaît Khalil Benhamida, c’est le fruit de beaucoup de travail et de tous nos efforts.»

 

 


Cyberplus

 

En kiosque
SCM-17-lien.jpg
N°17 ( Mai/juin 2008 )
JIHENE CUISINE
jcuisine.jpg
Derniers articles
Qui est en ligne
Nombre de visiteurs
81603 Visiteurs
Sondage
Comment trouvez vous la nouvelle version du site ?