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TAJINE DE LOTTE
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Le Thé au Maroc, Un nectar couleur ambre |
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Page 1 sur 2 Sa couleur va de l’or à l’ambre ; son goût subtil, savant dosage entre la saveur du thé, la pointe fraîche de la menthe et la douceur du sucre, font du thé un breuvage très apprécié au Maroc. Chronique d’une boisson, qui a dû faire une longue route, allant de la Chine vers l’Europe, pour atterrir sous forme de cadeau au sultan Moulay Ismail… Et séduire tous les Marocains, au point de s’ériger en boisson nationale.
D’après une légende chinoise, le thé existerait depuis l’an 2737 avant notre ère. L’homme à qui on doit cette boisson aux vertus médicinales n’est autre que L’empereur Shên Nung, appelé «le père de l’agriculture» ou «le divin cultivateur». Il avait pris l’habitude de faire bouillir l’eau, unique boisson de l’époque, avant de la boire. Il se trouvait sous un arbuste sauvage lorsque la brise fit tomber quelques feuilles dans sa tasse d'eau bouillie. Séduit par le goût et les arômes de cette boisson, Shen Nung la fit découvrir à la Chine. Ainsi, serait née la boisson la plus bue au monde après l’eau. L’habitude de boire du thé se répandit rapidement dans le sud et plus lentement dans le nord de la Chine, mais il fallut attendre la glorieuse dynastie Tang pour que s'élabore l'art du thé et qu'il prenne place aux côtés de la peinture, de la calligraphie, de la poésie, de l'art de jouer du luth, des arts martiaux et d'autres passe-temps d’érudits. De Chine, le thé se répandit en Mongolie et dans le monde musulman, par la route de la soie. D’abord, il fut la boisson des caravaniers qui l’appréciaient pour ses capacités à étancher la soif et effacer la fatigue des longs trajets. Dans son livre «l’Art du thé au Maroc», Noufissa Kessar Raji nous apprend que «La première mention du thé en Occident figure, au cours du IXème siècle, dans les notes d’un marchand arabe nommé Suleyman. Dans ses «Relations de la Chine et de l’Inde», ouvrage rédigé en 851, ce marchand évoque ses récits de voyages et mentionne cette plante qu’il affirme être d’un usage constant chez les Chinois : «une herbe qui a plus de feuilles que le trèfle, un peu plus de parfum aussi mais fort amère…» Quatre cents ans plus tard, Marco Polo décrit l’animation débridée des maisons de thé populaires en Chine. Cependant, Il faudra attendre les grandes compagnies maritimes pour que le thé d’Extrême-Orient dépasse la route des caravanes et prenne celle de la mer.
L’HISTOIRE DU THÉ AU MAROC
Noufissa Kessar Raji, relate dans son ouvrage «l’Art du thé au Maroc», l’épopée de l’introduction du thé au Maroc : «Le thé fut introduit pour la première fois au Maroc, à la cour de Moulay ismaïl (1672-1727). On raconte que la reine Anne d’Angleterre (1665-1714) estima que «deux grandes fontaines à thé en cuivre et un peu de thé de bonne qualité» seraient ce qui pourrait adoucir le coeur de l’empereur du Maroc qui détenait soixante-neuf prisonniers de guerre anglais. Ben Aïcha, l’ambassadeur du sultan marocain auprès de Louis XIV en demanda avec insistance au négociant parisien Jourdan qui entretenait des relations d’affaires avec le Maroc. Tout au long du XVIIIème siècle, le thé accompagnait régulièrement les missions diplomatiques anglaises, hollandaises ou scandinaves. Il était également fourni par les rénégats anglais et hollandais qui faisaient partie des équipages corsaires de la ville de Salé» Noufissa Kessar Raji écrit : «En 1789, le chirurgien anglais William Lemprière appelé à la cour du sultan Sidi Mohamed s’étonne que le thé soit servi dans de superbes tasses de porcelaine des Indes, d’une petitesse remarquable, la petite quantité que l’on sert à la fois de cette boisson fait voir tout le cas que les Maures en font. Un régal de thé dure au moins deux heures. Il n’y a que les gens riches qui puissent en boire, à cause de la rareté dont il est en Barbarie». Durant le XIXème siècle, le thé fut la boisson favorite des vices-rois, des hautes sphères du Makhzen, des représentants du souverain dans les différentes provinces et de quelques familles fortunées. Quand les négociants en thé britanniques virent le marché slave se fermer à leurs exportations au moment de la guerre de Crimée, ils se tournèrent vers le Maroc. Ce sont les comptoirs de Tanger et de Mogador (actuelle Essaouira) qui reçurent en dépôt d’importants stocks de thé et s’activèrent à les commercialiser. Ainsi la consommation du thé se démocratisa et toucha toutes les couches de la population. Les Marocains accueillirent avec plaisir ce thé qui adoucit l’âcreté de l’infusion de menthe qu’ils avaient l’habitude de consommer. C’est ainsi que mélangé à diverses plantes aromatiques, le thé devint une boisson dont la vogue, n’a depuis cessé de grandir. «Au Maroc, écrit Noufissa Kessar Raji, le thé a connu une évolution paradoxale ; il fut ramené de Chine à une époque récente par l’Europe triomphale en quête de nouveaux marchés, il mit du temps à passer d’un statut d’élite à celui de boisson nationale, mais les Marocains l’ont vécu et perçu dès le début comme quelque chose qui leur est propre»
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N°17 ( Mai/juin 2008 )
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